FAUNE

création 2020

Dans la continuité des recherches menées par la Compagnie Nue depuis plusieurs années, à travers la création in-situ, la danse dans les espaces atypiques et dans l'espace public et la question de la perception et des sensations qui émergent d'un lieu, Résurgences et le Musée de Lodève ont invité Lisandre Casazza a proposé un dialogue avec la sculpture monumentale : Le Grand Faune de Paul Dardé (1920).

 

Installation du Grand Faune au Musée de Lodève - https://youtu.be/F76Ck_14Zk0

Lisandre Casazza se saisit de cette proposition d'investir un lieu non dédié à la danse et proposer une expérience aux spectateurs en développant, dans une pièce courte (20 min,) quelques uns de ces axes de recherche favoris

Le corps mouvant, dans ce duo-dialogue avec le Faune, alterne entre l'immobilité, la lenteur des sensations et de la perception, entre le côté espiègle et rieur (moqueur ?) du Faune de Paul Dardé (en effet, ce « Vieux Faune » duquel Paul Dardé disait aux journalistes: « Il ricane et son rire est méprisant pour les hommes… » de pouvoir et d’argent médiocres. S'autorisant à introduire un bestiaire varié dans un seul corps, la danse sera traversé par le rire. Évoquant le faune en filigrane et de manière imperceptible, la danse se déploiera et s'inscrira dans ce nouveau contexte, créant des espaces oniriques et propices à la contemplation. Cette création peut désormais être proposée dans des lieux non dédiés et dans des espaces publics.

La danse est soutenue par une alternance d'écoute du silence (habité des sonorités du lieu), d’une bande sonore diffusée en low tech (K7 et magnétos) et high tech (ordinateur / enceinte de monitoring) fabriquée par l'artisan sonore Mathias Forge et des éclats de rires de la danseuse-performeuse qui évoque ainsi le corps vibratile, sa transmutation/transformation. Surgissent des ces sources sonores habitants l’espace, des extraits musicaux de « L'après midi d'un faune » de Debussy, des rires extraits de Faces de John Casavetes, des sons de nature de Jean-Léon Pallandre , des voix enregistrées et numérique répétant tel un poème rythmique dada : faune faune faune faune. La performeuse y mêle ses éclats de rires et ses respirations emprunts d’une gaîté légère et confinant parfois à l’obsession, la possession.

Photo: Christophe  Maillot

 

Chorégraphe et interprète : Lisandre Casazza
Musique : Mathias Forge

Pièce créée sur commande du festival Résurgences

et du Musée de Lodève